Le pacte est-il opposable aux tiers ?
Le pacte d'actionnaires ne crée d'obligations qu'entre ses signataires : c'est l'effet relatif du contrat (article 1199 du Code civil). Il reste toutefois opposable aux tiers qui en connaissent l'existence. Un acquéreur de bonne foi qui ignorait le pacte n'est pas tenu par ses clauses ; en revanche, celui qui connaissait un droit de préemption et l'a délibérément contourné s'expose aux sanctions décrites plus bas.
Pacte ou statuts : quelle différence ?
Les statuts sont déposés au greffe, publics et opposables à tous ; ils organisent la société. Le pacte est un contrat confidentiel entre associés (article 1199 du Code civil) qui organise leur relation. La SAS autorisant une large liberté statutaire (article L227-1 du Code de commerce), une partie des règles peut figurer dans les statuts et une autre, plus sensible ou plus mouvante, dans le pacte. Les deux documents sont complémentaires : l'essentiel est de les avoir mis en cohérence dès le départ.
Combien coûte un pacte d'actionnaires ?
Le forfait Pacte fondateurs démarre à 1 800 € HT et couvre la gouvernance, la préemption, l'inaliénabilité, les clauses de leaver et la non-concurrence. Le forfait Pacte investisseurs, adapté à une entrée au capital ou une levée, démarre à 3 500 € HT et intègre les actions de préférence, l'anti-dilution, le tag-along et le drag-along. La formule Pacte + refonte statutaire, qui met les statuts en cohérence avec le pacte, est établie sur devis. Chaque mission fait l'objet d'une lettre de mission à plafond ferme.
Que se passe-t-il si un signataire viole le pacte ?
La violation d'un pacte engage la responsabilité contractuelle de l'associé fautif : il doit des dommages-intérêts et, selon les clauses, l'exécution forcée peut être recherchée. Pour un pacte de préférence, la sanction est renforcée (article 1123 du Code civil) : si le tiers acquéreur connaissait le pacte et l'intention du bénéficiaire de s'en prévaloir, la cession peut être annulée ou le bénéficiaire substitué à l'acquéreur. D'où l'importance de rédiger précisément les sanctions et les mécanismes de contrôle des cessions.
Quelle durée pour une clause d'inaliénabilité ?
En SAS, une clause d'inaliénabilité inscrite dans les statuts ne peut excéder dix ans (article L227-13 du Code de commerce) ; c'est une règle d'ordre public. Reprise dans le pacte sous forme conventionnelle, l'inaliénabilité n'est pas plafonnée par un chiffre légal, mais elle doit rester limitée dans le temps et justifiée par un intérêt légitime, faute de quoi elle encourt la nullité.
Comment est fixé le prix de sortie ?
Le pacte prévoit en général une méthode de valorisation (multiple, formule ou expertise). En cas de désaccord sur la valeur des titres à céder ou à racheter, celle-ci est fixée par un expert désigné d'un commun accord par les parties ou, à défaut, par le président du tribunal (article 1843-4 du Code civil). L'évaluation s'impose alors aux parties, ce qui sécurise les clauses de rachat, de leaver et de buy-or-sell.