Peut-on céder librement ses parts de SARL ?
Cela dépend de l'acquéreur. La cession est libre entre associés, au profit du conjoint, d'un ascendant ou d'un descendant (article L223-13 du Code de commerce), sauf si les statuts imposent une clause d'agrément. En revanche, toute cession à un tiers étranger à la société requiert l'agrément des associés (article L223-14 du Code de commerce). Il faut donc toujours vérifier les statuts avant d'engager la cession.
Comment fonctionne l'agrément d'une cession de parts (L223-14) ?
Le projet de cession est notifié à la société et à chaque associé. L'agrément est acquis s'il réunit la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, sauf majorité plus forte prévue par les statuts (article L223-14 du Code de commerce). Si la société ne se prononce pas dans un délai de trois mois à compter de la dernière notification, l'agrément est réputé donné.
Quels droits d'enregistrement s'appliquent à une cession de parts ?
La cession de parts de SARL est soumise à un droit d'enregistrement de 3 % (article 726 du Code général des impôts), calculé après un abattement de 23 000 € rapporté au pourcentage de parts cédées. La cession d'actions de SAS ou de SA n'est, elle, taxée qu'à 0,1 %. Ce droit est en principe supporté par l'acquéreur et doit être acquitté au moment de l'enregistrement de l'acte.
Que se passe-t-il si les associés refusent l'agrément ?
En cas de refus d'agrément, les associés sont tenus, dans les trois mois, d'acquérir ou de faire acquérir les parts. À défaut d'accord sur le prix, celui-ci est fixé par un expert désigné d'un commun accord par les parties ou, à défaut, par le président du tribunal (article 1843-4 du Code civil). Le cédant peut également renoncer à son projet de cession et conserver ses parts.
Faut-il une garantie d'actif et de passif ?
Pour toute cession portant sur une société en activité, elle est vivement recommandée. La garantie d'actif et de passif protège l'acquéreur contre un passif dont l'origine est antérieure à la cession mais qui se révèle après (redressement fiscal, litige, dette dissimulée). C'est une convention distincte de l'acte de cession qui, en vertu de l'effet relatif du contrat (article 1199 du Code civil), n'engage que ses signataires. Sa rédaction — plafond, franchise, durée, garantie de la garantie — conditionne son efficacité.
Cession de parts (SARL) ou cession d'actions (SAS) : quelle différence ?
En SARL, la cession de parts à un tiers est légalement soumise à agrément (article L223-14 du Code de commerce) et taxée à 3 %. En SAS, les actions sont en principe librement cessibles : l'agrément (article L227-14 du Code de commerce) ou l'inaliénabilité temporaire, plafonnée à dix ans (article L227-13 du Code de commerce), n'existent que si les statuts les prévoient, et la cession n'est taxée qu'à 0,1 %. La forme sociale change donc à la fois la procédure et le coût de la transmission.